011105 Cycle proustien, 1ère année « De la lanterne magique aux tableaux d’Elstir »

  • Dates des cours : 13janv-27janv-10févr-10mars-24mars-31mars-7avr-14avr-21avr-11mai-19mai-26mai
  • Heure de début du cours : 10:00
  • Heure de fin du cours : 12:00
  • Jour du cours : Mercredi
  • Intervenant : FRAVALO Yves


Yves FRAVALO

Engageant un cycle qui déborderait le temps du centenaire (Marcel Proust est mort en novembre 1922), ce cours, dont la visée idéale est d’accompagner une lecture totale d’A la Recherche du temps perdu, aura pour supports essentiels, durant l’année à venir, les deux premiers tomes de l’œuvre : Du côté de chez Swann (Sw.) et A l’Ombre des jeunes filles en fleurs (J.F.).

Après la présentation rapide d’une conception du travail de l’écrivain, explicitement formulée dans la dernière partie du Temps retrouvé, afin que soit prise la mesure d’une ambition romanesque consciente de ses visées et de ses moyens, nous procéderons, en faisant alterner regard surplombant et analyse du détail, à une lecture des sections du récit intitulées « Combray » (Sw.) et « Noms de pays : le pays » (J.F. II)

Disposant les premiers jalons d’un parcours qui arrache progressivement le héros à l’univers cyclique et stable d’une enfance où s’est accumulé le substrat nourricier de l’impression sensible en même temps que s’y est formée une vision des choses docile aux préjugés familiaux, à la fantaisie du rêve et aux exigences du désir, les deux premiers volumes montrent un adolescent soumis, dans la rencontre de tout ce qui a pu l’attirer de loin, à l’épreuve répétée de la déception.

Mise en mouvement par le tournoiement des formes au sein de la mémoire, mais réglée par un artiste lucide – « qui tient en cercle autour de lui le fil des heures, l’ordre des années et des mondes » -, la lanterne magique de l’écriture proustienne éclaire, à travers le retour et la métamorphose des personnages qu’elle anime, le jeu de ses leitmotive, les échos qu’elle donne à saisir entre les époques et les lieux, dans l’arabesque de ses lignes ou dans ses symétries concertées, la ronde incessante des croyances et des illusions où s’étourdit toute existence ; existence qui peut n’être que temps perdu si elle n’est finalement rédimée, comme elle pourra l’être pour le héros, par la création artistique.

Selon la loi en effet du renversement promis par les titres (temps perdu / temps retrouvé), la quête ici retracée se clôt sur l’accès à des certitudes qui fondent un projet d’écriture. Si cette œuvre, qui s’attarde longuement à peindre les séductions et la vanité du théâtre mondain, qui donne à sentir la mobilité des êtres, le vide et le tragique de l’amour, l’évanescence fatale du mystère et de la beauté, si cette œuvre fait de l’aventure romanesque le lieu d’une interrogation – la plus vertigineuse qui soit peut-être dans notre littérature depuis Montaigne et Pascal – sur le statut du moi, du réel et du vrai, elle aboutit, selon les mots de l’auteur lui-même, à « la plus croyante des conclusions » ; et le nœud du credo développé dans les dernières pages tient à l’affirmation du primat de l’impression sensible devenue « critérium de vérité » et voie d’accès au réel retrouvé. Approfondissement et pleine appropriation des lois du paradoxe observé très tôt par le héros dans les tableaux d’Elstir.

Volumes à posséder (peu importe l’édition) dès cette année :

  • Du côté de chez Swann
  • A l’Ombre des jeunes filles en fleurs
  • Le Temps retrouvé

 

 

 

 

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